Au commencement dans mon prénom le sable

Je n’ai jamais vraiment quitté l’enfant des dunes opalines

Sa fougue, sa ferveur

Bien sûr il m’arrive de douter, il m’arrive même d’avoir peur

Alors je me revois aligner mes petits flacons de sable de différentes couleurs

Rouge, jaune, blanc, gris

Echantillons de plages ramenés des quatre coins du monde par un oncle voyageur

Je rêvais de plages de sables gris des bords du Pacifique

Je rêvais de baleines grises de Basse Californie

Je rêvais de lagunes, de nageoires caudales

Aujourd’hui encore je m’invente un prénom

et quand je m’assois face à la mer

un frisson me parcourt lentement l’échine

Je peux rester là des heures

A l’affût de la moindre variation de lumière

Je me laisse bercer par le vacarme assourdissant du ressac dans les galets

Je ferme les yeux et j’imagine que nous sommes des milliers à applaudir

devant tant de splendeur